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Une nuit...

Le mercredi 28 juin 2006



Une nuit épouvantée
J’ai trouvé sur un chemin de pluie
Un rat amputé de ses pattes à moitié pourries
Toute mouillée la terre
et lui vaporisaient l’air d’odeurs agaçantes
Je ne sais quel désordre tendit mon bras pour le ramasser
Son petit corps dégoulinant de mort
Remplissant ma main bientôt engourdie je me pressais de le porter jusqu’à mon lit
C’est sur le rebord que d’abord je l’installais et je restais tranquille debout ne cherchant plus où aller
Juste à le regarder
De sa fourrure luisante coulait son blanc reste de vie
Flottait dans le vide sa gueule dénuquée
J’enfonçais alors mon index dans sa gorge tiède
... Puis... sa carcasse dépassée de douleur
ramena cette image : mouches prisonnières, dans le voilage assommées
Calcinées...et puis...alignées sur la marche en pierre de la porte d’entrée
Et puis ce clou à mes pieds.


Viens ma douce
Que je te casse les dents
Pour que ton joli sourire ne soit plus qu’un douloureux souvenir
Viens ma tendre
Que je brise les flancs de ton corps afin que tu présumes au plus vite de ton triste sort
Fatiguée, assise, attachée. Tes jérémiades chamboulent et excitent mes idées. Ah ! je veux pénétrer ta bouche, tes yeux, mais aussi les orifices de ton nez : petits trous malins dont les couloirs mènent tout droit à tes pensées
Ne me regarde pas en perfide
Peut-être préfèrerais- tu que je te sois étranger ?
Ma sœur, ma mère, ma mie, comme tu es belle
Ecartelée.

Johanna di Dio

Johanna di Dio