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Le site d’Helena de Angelis
Helena de Angelis naquit à Metz avant d’étudier le dessin à Rome. Pour contrer une hypersomnie apicale, elle se gratta de mille croûtes qui furent ensuite mises en galerie. Puis elle goûta à la plastique américaine, consentant au jeu de l’impact et de la tôle pliée au corps, juste pour la fièvre, inavouable jouir sous le bistouri réparateur. Convalescente, elle fut accueillie par Bataille, Blanchot, Michaux, Mishima et Artaud dans sa résidence de Toscane, puis vinrent d’autres jeunes alcools forts, Bosc, Foucard et Vidal pimentant sec à l’abreuvoir. Elle adopta ensuite une dizaine de chiens errants ainsi qu’un jeune orphelin possédé avant sa majorité pour le sucre de la faiblesse. Enfin elle commandita quelques pillages au Van Gogh Museum pour l’exclusivité et la possession. Notez qu’envers la potence du ouï-dire, elle fut sainte épouse, larme icône et mère figurative, et que sa largesse victuaille nous la regretterons bien. Décédée l’année dernière à Paris par un soir d’hiver, saturnien, annulaire, nous informons vos astres que par mesure sécuritaire, son yacht, désormais hanté, n’est plus réceptif aux visites fouinardes. Un double éthéré y sévirait en toute impunité sous ses traits, sa teneur et son accent grave, dans le seul but d’y terminer un sombre manuscrit inachevé. Dans l’attente d’attraper la créature, souvenons-nous de la béatitude oisive de celle que l’on appelait affectueusement "la Signora", et qui comblait les caisses des galas de charité avec le même solaire que nos desideratas émus.
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