Du chômage, zéro xanax, six ou sept téquilas frappées

par Andy Verol,    

 

DANS LA MEME RUBRIQUE :

L’indigente
L’apiculture postmoderne
L’apiculture postmoderne
Fatum
Du chômage, zéro xanax, six ou sept téquilas frappées
Du chômage, deux xanax et un whisky
Ta soirée perdue
Une nuit...
Blues de la reproduction
La prison sans murs
La Revanche de Magnum
Un ange passe
Les couilles de Lance Armstrong
Moi, moi, moi, Egon
L’Aveu
L’éris
Les bruits de bouche et l’AK47


 

L’accélération. On a fini de faire les cartons. On a tout rangé. On a vraiment, définitivement bossé pour rien.

A la suite de mon licenciement, j’ai choisi de prendre tout de suite un boulot. J’étais accroc à mes loyers, à mon frigo rempli et à mon repli idéologique sur mon cocon/maison.

On nous a bien dit, dès le premier jour, qu’on faisait partie d’une équipe. Des hommes et des femmes, entre 30 et 45 ans, avec qui je devais accepter de sucer en tutoyant le patron/sacro-saint/humain aux crocs de carnassier.

Le dédale des couloirs. Le bureau toc en tek. La liste des missions punaisée au mur/l’en/face et la slut de secrétaire du boss qui te casse les neurones toutes les 20 minutes, pour te refourguer un "ça s’passe bien monsieur la roubignole ?" Ouais. Alors la démission rapidement et le retour à la case départ. Le robot type occidental dans l’entreprise c’est, tutoiement, sourires de gros faux-culs et face de rats au restaurant brillant coloré aux menus variés. L’avalanche d’hypocrisie, d’infâmie. Le dédale encore. L’accélération. L’impression de s’en sortir... "Tant pis je me compromet un peu mais c’est pour bouffer..." J’aurai les vacances pour me masturber sur ma soi-disant liberté de vivre de croupir. Moi j’préfère la femme un peu ronde et au rouge à lèvres trop brillant de l’ANPE. Je l’aime bien avec son air sévère et le ton un peu maternel qu’elle emploie. Je sais pas. Je la sens humaine... Humaine comme la Téquila que je m’envoie à répétition devant mon écran LCD, mon écrou, mes escrocs. Les croquis de mon agonie sociale évidente... Mais jouissante.

Dans l’alcool, il ne me reste que les sauts déments sur une drum n’bass pénible et jouissive. Ma main caresse ses cheveux à l’invisible. Puisque je sais maintenant qu’il ne me reste plus qu’à crever anonyme, lents, longs, définitivement...

Retrouvez un texte inédit d’Andy Verol, "Les derniers cow-boys français", dans la revue Carbone.

 



Andy Verol

Le site de Andy Verol
Né en 1973, Andy Verol est frappé par un flash à l’âge de 13 ans : "J’écrirai à jamais". S’ensuivent des années de labeur, d’écriture convulsive, compulsive et répulsive. Pseudo-mysthique et carrément misanthrope, il tente, souvent en vain, de découvrir des vertus dans l’humain. Il anime, depuis 2002, le collectif plus ou moins prolixe "Hirsute". Lorsqu’il plie le bras droit, on peut apercevoir son superbe biceps d’écrivain. Quoiqu’il en soit, le moindre de vos dons peut l’aider à arrêter.

 




 

En Résumé Plan du Site Les Auteurs La Rédaction Nous contacter Lettre d’Information
Textes & illustrations sous COPYRIGHT de leurs auteurs. Traduction/Translation