|
|
|
|
CHUT(e), le roman d’Alain Soral par Sébastien Etiévant,
|
|
DANS LA MEME RUBRIQUE :
|
|
|
« CHUTe, Éloge de la disgrâce », le dernier roman d’Alain Soral vient de paraître aux Éditions Blanche. « Attention, ce n’est qu’un roman », me prévient gentiment la vendeuse... « Bon c’est décidé, je vais faire un effort. De toute façon j’étais au bout de ma critique des communautarismes, la colère qui se répète, ça tourne au fond de commerce, je n’allais pas devenir le Jean-Pierre Coffe du politiquement incorrect, le monsieur “c’est d’la merde” du pamphlet. En préliminaire, un bref rappel des faits : l’agression d’Alain Soral par le Betar lors d’une séance de dédicaces [1]. On découvre très vite, par la suite, la tonalité très autobiographique de ce roman, qui commence par l’évocation du quotidien d’un « pigiste psy-cul », comme il aime à appeler son gagne-pain, avant de revenir sur l’enfance, cette enfance si particulière, sans doute peu étrangère à la personnalité à la fois si torturée et vindicative de l’auteur, son arrivée à Paris, sa vie avec sa femme... Il y a quelque chose d’un peu houellebecquien dans cette chute : la lente décomposition du personnage évoque un peu celle de Damien dans La possibilité d’une île...on a même droit à la mort du petit chien, racontée ici au second degré... pastiche volontaire ? Pas mal célinien aussi ce roman : qui reprocherait au narrateur d’abandonner au fur et à mesure ses visites à sa femme dans le coma pour leur préférer le bar et les piges ? Enfin, je parle ici d’atmosphère générale, de tonalité, d’émotion...car pour le style il faudra repasser. Soral l’avoue lui-même, d’ailleurs : à force de dévorer, adolescent, les Bédés interdites par son père, il a fini, question littérature, par prendre du retard. Ceci n’explique pas tout ; la paresseuse excuse, presque lucide mais incomplète, ne camoufle pas le fait suivant : Alain Soral a écrit son bouquin un peu vite. Là aussi, qui l’en blâmerait ? Au fond c’est ce qui se fait, en général, chez les littérateurs populaires ; ce bouquin là, tout compte fait, n’est pas plus mal écrit qu’un autre. Pas de déception donc, ça cogne bien, et cet Éloge de la disgrâce s’auréole d’une grâce particulière qui laisse le lecteur peu indemne, ému. Alain Soral prétendait écrire un livre comique, et c’est vrai que l’humour noir, dans ce récit, a la part belle... mais ce genre de burlesque complète, plus qu’il n’allège, le tableau de cette chute mémorable. Sébastien Etiévant. Visitez le site d’Alain Soral. [1] ...suite à la diffusion d’un reportage sur France 2, les propos d’Alain Soral, tronqués et sortis de leur contexte, ont prêté le flanc à de violentes accusations d’antisémitisme.
|
|
|
Docteur ès troubles obsessionnels compulsifs et spécialiste notoire de l’occultisme allemand des années 30, Sébastien Etiévant a publié sa première nouvelle dans la revue Hermaphrodite en 2005. Ce disciple de Huysmans, Bernanos et Léon Bloy, avec lesquels il partage une digestion difficile, prépare dans la plus grande discrétion ses prochains méfaits littéraires : avec le roman "les Autistes", tentative de définition d’un mode de vie nihiliste fondé sur le repli sur soi et l’abandon des relations causales, et le recueil "Clémentine et les gorilles" (titre provisoire), Sébastien Etiévant fermente les fondements d’un nouveau genre : le récit névrotique d’anticipation. Ce bon vivant repenti et extremiste polymorphe, qui officia naguère sous le nom de Monsieur Patate, se fait désormais volontiers surnommer "Son Altessissime", en vertu de ses éminentes fonctions au sein des Editions Le Mort-Qui-Trompe dont il est l’un des co-fondateurs.
|
||||
|
|
|
|
En Résumé
Plan du Site
Les Auteurs
La Rédaction
Nous contacter
Lettre d’Information
Textes & illustrations sous COPYRIGHT de leurs auteurs. Traduction/Translation